Alcool : de nouvelles recommandations




Santé publique France et l’Institut national du cancer ont été mandatés par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et la Direction générale de la santé afin de faire des propositions pour le renouvellement du discours public sur l’alcool. Un groupe d’experts multidisciplinaires a ainsi été constitué pour élaborer de nouvelles recommandations. Ces recommandations sont aujourd’hui connues et les chiffres ont été revus à la baisse.


Dans leurs recommandations, les experts précisent que les risques liés à la consommation d’alcool pour la santé au cours de la vie augmentent avec la quantité consommée ;

• à long terme, la consommation d’alcool est une cause de morbidité et de mortalité pour certaines maladies chroniques comme la cirrhose, certains cancers comme ceux des voies aérodigestives, du foie et du sein et certaines maladies cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle (HTA) et l’accident vasculaire cérébral (AVC) ;
• à court terme, la consommation d’alcool est responsable de traumatismes intentionnels et non intentionnels, notamment des accidents pouvant causer des blessures (et la mort dans certains cas), la mauvaise évaluation des situations à risque et la perte du contrôle de soi. C’est en particulier vrai en cas de consommation ponctuelle importante.

Et d’émettre les recommandations suivantes. Il est notamment recommandé :
• de ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine et pas plus de 2 verres standard par jour ;
• d’avoir des jours dans la semaine sans consommation.

Et pour chaque occasion de consommation, il est recommandé :

• de réduire la quantité totale d’alcool que vous buvez ;
• de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau ;
• d’éviter les lieux et les activités à risque ;
• de s’assurer que vous avez des gens que vous connaissez près de vous et que vous pouvez rentrer chez vous en toute sécurité.

Pour les femmes qui envisagent une grossesse, qui sont enceintes ou qui allaitent : pour limiter les risques pour votre santé et celle de votre enfant, l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool.

Pour les jeunes et les adolescents : pour limiter les risques pour votre santé, l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool.

D’une façon générale, l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool en cas :

• de conduite automobile ;
• de manipulation d’outils ou de machines (bricolage, etc.) ;
• de pratique de sports à risque ;
• de consommation de certains médicaments ; • de l’existence de certaines pathologies.

Il faut noter qu’on autorise une alcoolémie à 0,5g/l ou à 0,2 g/l pour les détenteurs d’un permis de moins de deux ans, alors qu’il existe un sur-risque entre 0 et 0,5g/l.

« Zéro alcool pendant la grossesse », une nouvelle campagne de prévention pour rappeler les risques

CC0 Public Domain /Pixabay

CC0 Public Domain /Pixabay

L’occasion de revenir sur la dernière campagne de prévention de Santé publique France et de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) destinée aux femmes enceintes. Elle a été lancée à l’automne dernier afin de rappeler les risques. Pourquoi ? Parce que ces risques liés à la consommation d’alcool durant la grossesse sont encore trop peu connus. Les messages et autres campagnes de prévention n’ont pourtant pas manqué ces dernières années. On pouvait donc naïvement penser que chaque femme en avait pleinement conscience et que les mentalités avaient fini par changer. Que neni une étude publiée au printemps dernier a révélé que 25% des femmes continueraient en effet à boire de l’alcool en portant leur enfant…

Et c’est face ce à constant quelque peu alarmant que cette importante campagne d’information multicanal a été lancée. Objectif :  rappeler encore une fois les effets néfastes de la consommation d’alcool pendant la grossesse et la nécessité d’adopter le réflexe « Zéro alcool pendant la grossesse ». En France le risque lié à la consommation d’alcool pendant la grossesse reste très flou dans les esprits et le « zéro alcool pendant la grossesse » n’est pas toujours compris comme une abstinence totale ni perçu comme une absolue nécessité.

Trois quarts des Français ignorent encore les risques encourusvous-buvez-un-peu

Les données de la dernière enquête1 menée par Santé publique France montrent que seuls 25% des Français affirment qu’il n’existe pas de consommation d’alcool pendant la grossesse qui soit sans risque pour l’enfant. Il est donc essentiel de rappeler que l’alcool est toxique pour le fœtus et peut entraîner diverses complications (retard de croissance, atteintes du système nerveux central, malformations…), dont le syndrome d’alcoolisation fœtale est la forme la plus grave.

Un message fort : « vous buvez un peu, il boit beaucoup »

Santé publique France et la Mildeca ont ainsi déployé une campagne d’information et de sensibilisation d’envergure, à la fois média, hors-média et digitale, auprès des professionnels de santé et des femmes enceintes.

De nouveaux documents (affiches et dépliant) ont ainsi été diffusés aux professionnels de santé de premier recours (médecins généralistes, gynécologues, sages-femmes, pharmaciens…), en métropole et dans les DOM avec un message fort « vous buvez un peu, il boit beaucoup ».

– Le dépliant« Zéro alcool pendant la grossesse » apporte les réponses aux questions les plus courantes : ‘‘l’alcool passe-t-il dans le sang du bébé ?’’, ‘’existe-t-il une quantité d’alcool sans risque pour le fœtus ?’’… et renvoie pour plus d’information vers les professionnels de santé ou le dispositif d’aide à distance Alcool Info Service.

– Deux modèles d’affiches« Vous buvez un peu, il boit beaucoup » ont été mis à disposition et avaient pour objectif d’inciter le public à aborder la question de l’alcool pendant la grossesse avec un professionnel.

Le dispositif d’information comprenait également :

– des annonces presse insérées dans des magazines ciblés « famille » de septembre à novembre,
– des articles dans des blogs ciblés sur la maternité,
– l’insertion du dépliant « Zéro alcool pendant la grossesse » dans les boîtes maternité, remises aux femmes enceintes aux 1er et 2ème trimestres de la grossesse.

Problème d’alcool pendant la grossesse : de l’aide auprès d’Alcool Info Service

Pour les femmes en difficulté avec l’alcool, l’orientation vers le dispositif d’aide à distance Alcool Info Service, est également rappelé dans le cadre de la campagne d’information. Il s’inscrit dans le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives et permet de bénéficier du soutien d’un professionnel expérimenté dans l’accompagnement de ce public 7jours/7.

Le site Internet dispose par ailleurs d’une rubrique « alcool & grossesse» qui apporte aux futures mamans des réponses aux questions qu’elles pourraient se poser : ‘‘enceinte, est-ce que je peux boire ?’’, ‘‘je ne parviens pas à arrêter de boire’’…

Deux vidéos pédagogiques réalisées en lien avec des professionnels de santé illustrent de manière simple les recommandations et les aides concrètes en cas de difficultés.

Alcool Info Service 0980 980 930

(appel non surtaxé)

La toxicité de l’alcool ne doit pas être minimisée. La consommation d’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable en France2.

1 Etude réalisée par BVA pour Sante publique France du 25 au 27 juin 2015 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1005 personnes âgées de 15 ans et plus
2 Guérin S, Laplanche A, Dunant A, Hill C. Mortalité attribuable à l’alcool en France en 2009. BEH, 2013, n°16-17-18 : p. 163-168.