Sondage présidentielle 2017 : pour la 1ère fois, les médecins ne votent pas majoritairement pour un candidat de droite !




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À un mois de la présidentielle, cette enquête Ifop pour le « Quotidien du Médecin » crée la surprise. Partagés au premier tour entre François Fillon (36%) et Emmanuel Macron (35%), les médecins trancheraient au second tour en faveur du candidat d’En Marche ! (52%), privant pour la première fois la droite du soutien d’une profession constituant pourtant l’un des noyaux durs de son électorat.

Des médecins partagés au premier tour entre François Fillon et Emmanuel Macron

◾Plus enclins à voter à l’élection présidentielle (73%) que l’ensemble des Français (63%), les médecins libéraux s’avèrent très polarisés par les offres politiques de la droite et du centre. Au premier tour, François Fillon (36%) et Emmanuel Macron (35%) s’imposent en effet largement comme « les candidats » des médecins libéraux, obtiennent à eux deux 71% des intentions de vote de la profession (contre 44% chez l’ensemble des Français).

◾La tentation lepeniste reste donc très marginale : à peine 5% des médecins ont l’intention de voter pour Marine Le Pen, soit un score proche des précédents scrutins (4% pour la droite radicale en 2002, 2% en 2007, 6% en 2012) et largement inférieur à celui observé chez l’ensemble des Français (25%). En revanche, ils se montrent un peu plus tentés que par le passé par les candidats de la droite souverainiste : Nicolas Dupont-Aignan (4%) et François Asselineau (1%) raflant au total 5% des voix, contre à peine 1 à 1,5% lors des scrutins précédents.

◾Quant à la gauche socialiste et écologiste incarnée cette année par Benoît Hamon, elle s’effondre (8%) par rapport aux précédents scrutins présidentiels (30% en 2012, 17% en 2007, 25,5% en 2002) au point d’être talonnée pour la première fois par la gauche radicale représentée par Jean-Luc Mélenchon (7% d’intentions de vote à lui seul).

Au second tour, pour la première fois, la droite n’est pas majoritaire chez les médecins

◾Au second tour, pour la première fois, un candidat issu du centre gauche l’emporterait chez les médecins. En effet, dans l’hypothèse d’un second tour Fillon-Macron – la configuration fictive des médecins à l’issue de « leur » premier tour – comme dans celle d’un duel Macron-Le Pen (l’hypothèse la plus probable au vu des intentions de vote de l’ensemble des électeurs), les médecins choisissent le candidat d’En Marche !.

◾En cas de duel Macron/Fillon (le plus probable si le scrutin n’avait lieu qu’auprès des médecins), le leader d’En Marche l’emporterait avec 52 % des voix ! C’est moins bien que dans la population générale – où Macron obtiendrait 65% des suffrages contre le candidat LR – mais ce score traduit un choix historique : pour la première fois depuis que l’Ifop réalise des enquêtes politiques auprès des médecins (1974), la droite serait minoritaire chez les praticiens libéraux.

◾Contre Marine Le Pen cette fois (hypothèse la probable au regard des sondages actuels auprès de l’ensemble des Français), le vote des médecins en faveur d’Emmanuel Macron tourne au plébiscite avec 89% des suffrages au deuxième tour. A peine 11% des médecins voteraient pour la candidate du FN, soit un score trois fois plus faible que celui qu’elle obtiendrait chez l’ensemble des électeurs (38,5%).

Le point de vue de l’Ifop : Les résultats de cette étude sont historiques ! Pour la première fois depuis que l’Ifop réalise des enquêtes politiques auprès des médecins (1974), la droite n’est pas majoritaire chez les médecins libéraux. Pour les Républicains, cette étude montre bien à quel point l’assise de François Fillon est fragilisée dans une profession qui constitue pourtant, comme toute profession libérale, l’un des noyaux durs de l’électorat de droite. Pour ce dernier, il est toutefois difficile de dire si cela tient au désaveu général qu’on observe chez l’ensemble des Français ou à la polémique qui a entouré son projet sur les questions de santé. François Kraus, directeur des études politiques à l’Ifop

Etude de l’Ifop pour « le Quotidien du Médecin » réalisée par téléphone du 20 au 24 mars auprès d’un échantillon de 400 médecins libéraux, représentatif de la population des médecins libéraux exerçant en France métropolitaine (méthode des quotas après stratification par région et catégorie d’agglomération).